✓ Les infos à retenir
- L’EMDR est reconnue par l’OMS pour le trouble de stress post-traumatique (TSPT), mais elle comporte des risques réels : près de 25% des patients rapportent une aggravation temporaire des symptômes après les premières séances.
- L’EMDR est formellement déconseillée pour les traumas complexes, les troubles dissociatifs sévères, la psychose active et la dépression non stabilisée — autant de contre-indications que beaucoup de patients ignorent avant de se lancer.
- La formation du praticien est cruciale : vérifiez que votre thérapeute soit accrédité par EMDR France, EMDR Europe ou l’EMDRIA, avec un minimum de 40 heures de formation obligatoire.
- Des alternatives existent et sont souvent plus adaptées aux traumas complexes : la thérapie IFS (Internal Family Systems), le Somatic Experiencing et les TCC de 3ème vague offrent des approches progressives et sécurisantes.
- L’EMDR n’est pas remboursée par la Sécurité sociale en France, sauf si elle est pratiquée par un psychiatre, et une thérapie complète dure généralement entre 8 et 12 séances.
L’EMDR, c’est quoi exactement ?
L’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing), ça se traduit littéralement par « désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires ». C’est une thérapie mise au point dans les années 80 par la psychologue américaine Francine Shapiro. Le principe ? Retraiter des souvenirs traumatiques en stimulant les deux hémisphères du cerveau, souvent via des mouvements oculaires guidés.
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ToggleEn gros, tu suis le doigt du thérapeute des yeux pendant que tu penses à un souvenir douloureux. L’idée, c’est que ça aide ton cerveau à « digérer » ce qu’il n’a pas réussi à traiter sur le moment. L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) reconnaît l’EMDR comme un traitement efficace pour le trouble de stress post-traumatique (TSPT). Pas rien !
Mais voilà — et c’est pour ça que tu es là — cette thérapie n’est pas magique pour tout le monde. Et les avis négatifs sur l’EMDR, il y en a. Alors décortiquons tout ça sérieusement.
💡 À retenir : L’EMDR est reconnue par l’OMS pour traiter le stress post-traumatique, mais elle comporte des risques réels et des contre-indications importantes que trop peu de patients connaissent avant de se lancer.

Quels sont les effets secondaires et risques réels de l’EMDR ?
Soyons honnêtes : l’EMDR peut faire remonter des trucs très intenses à la surface. Et ça, ça ne plait pas à tout le monde — loin de là. Les effets secondaires de l’EMDR sont réels, même si on n’en parle pas assez.
Les 4 risques principaux à connaître
Voici ce que tu peux vivre après une séance d’EMDR, surtout si tu n’as pas été suffisamment préparée :
- La retraumatisation : au lieu de traiter le trauma, la séance peut le rouvrir brutalement sans le refermer. Résultat ? Tu repars de chez le thérapeute dans un état pire qu’à l’arrivée.
- La dissociation : un sentiment de déconnexion de toi-même, de la réalité, comme si tu flottais hors de ton corps. Ça peut durer plusieurs heures après la séance.
- Les réactions émotionnelles intenses : crises de larmes, angoisses, cauchemars, flashbacks qui s’intensifient temporairement.
- La décompensation psychologique : dans les cas les plus sérieux, une fragilité psychique préexistante peut s’aggraver significativement.
Une étude publiée dans le Journal of EMDR Practice and Research a montré que près de 25% des patients rapportent une aggravation temporaire des symptômes après les premières séances. Temporaire, oui — mais ça mérite d’être connu !
Ce que vivent concrètement les personnes qui ont un avis négatif sur l’EMDR
Beaucoup de personnes qui partagent un avis négatif sur l’EMDR décrivent la même chose : elles n’étaient tout simplement pas prêtes, ou pas assez préparées par leur thérapeute. Le travail de stabilisation avant de commencer le traitement est souvent bâclé ou carrément ignoré. Cela rejoint d’ailleurs certains mécanismes toxiques comme le gaslighting, où un professionnel minimise ou nie votre expérience négative plutôt que de prendre en charge vos préoccupations.
D’autres pointent le manque de formation du praticien. Et c’est un vrai problème — on y revient juste après.
Les traumas complexes : la principale contre-indication de l’EMDR
C’est là que ça devient vraiment sérieux. L’EMDR a été conçue initialement pour traiter des traumas simples et circonscrits — un accident de voiture, une agression, une catastrophe naturelle. Un événement précis, daté, isolé.
Mais le trauma complexe, c’est une autre histoire. On parle de traumatismes répétés, souvent survenus dans l’enfance — maltraitance, négligence affective, abus, violence psychologique. Ces traumas-là ont façonné ta personnalité en profondeur, pas juste un souvenir isolé.
Pourquoi l’EMDR peut être contre-indiquée pour les traumas complexes ?
Le cerveau d’une personne ayant vécu des traumas complexes fonctionne différemment. Les mécanismes de défense sont hyper-développés. Tenter de retraiter directement ces mémoires sans un travail de fond préalable peut déstabiliser profondément la personne.
Les spécialistes comme Bessel van der Kolk, auteur de Le corps n’oublie rien, insistent là-dessus : le trauma complexe nécessite une approche progressive et sécurisante, pas un travail de retraitement direct qui peut littéralement mettre le système nerveux en vrac.
⚠️ À retenir : L’EMDR est formellement déconseillée — voire dangereuse — pour les personnes souffrant de troubles dissociatifs sévères, de psychose active, ou ayant vécu des traumas complexes sans travail de stabilisation préalable.
Les autres contre-indications sérieuses
Au-delà des traumas complexes, il existe d’autres situations où l’EMDR est clairement déconseillée :
| Situation | Risque associé |
|---|---|
| Troubles dissociatifs sévères (DID) | Décompensation, fragmentation des états du moi |
| Psychose active ou schizophrénie | Aggravation des symptômes psychotiques |
| Dépression sévère non stabilisée | Risque de crise suicidaire |
| Épilepsie photosensible | Déclenchement de crises par les stimulations visuelles |
| Instabilité émotionnelle sévère | Impossibilité de contenir les émotions entre les séances |

La formation du praticien : le truc dont personne ne parle assez
Franchement, c’est peut-être le facteur numéro un des avis négatifs sur l’EMDR. Un praticien mal formé, c’est une catastrophe potentielle. Et malheureusement, le marché est inondé de « thérapeutes EMDR » qui ont fait un weekend de formation et se lancent sur des patients fragiles.
En France, la formation reconnue passe par EMDR France (association officielle affiliée à EMDR Europe). Elle exige un cursus d’au minimum 40 heures de formation théorique et pratique, plus des heures de supervision obligatoires. C’est pas rien — et c’est pas négociable si tu veux être entre de bonnes mains !
Comment repérer un bon praticien EMDR ?
Quelques réflexes simples avant de choisir ton thérapeute :
Demande-lui explicitement sa formation et son accréditation. Un vrai praticien certifié par EMDR Europe ou EMDR International Association (EMDRIA) n’aura aucun problème à te montrer ça. S’il botte en touche, fuis.
Vérifie aussi qu’il réalise un bilan préalable sérieux avant de démarrer les séances. Le protocole standard EMDR prévoit une phase de préparation et de stabilisation avant tout retraitement — si ton thérapeute veut brûler les étapes, c’est mauvais signe.
Quelles alternatives à l’EMDR pour traiter les traumas ?
Bonne nouvelle : l’EMDR n’est pas la seule option, loin de là ! Si tu as des doutes, si tu as vécu une mauvaise expérience, ou si ta situation ne s’y prête pas, il existe d’autres approches sérieuses et efficaces.
La thérapie IFS : une alternative puissante pour les traumas complexes
La thérapie IFS (Internal Family Systems), développée par le Dr Richard Schwartz, est souvent citée comme une alternative particulièrement adaptée aux traumas complexes. Elle repose sur l’idée que notre psyché est composée de « parties » — des sous-personnalités qui ont chacune leur rôle.
Plutôt que de retraiter directement les souvenirs traumatiques (comme l’EMDR), l’IFS travaille à créer une relation sécurisante avec ces parties blessées, à ton rythme, sans les forcer. Pour les personnes ayant un historique de trauma relationnel ou d’attachement, ça change tout !
Le Somatic Experiencing : quand le corps prend la parole
Le Somatic Experiencing, créé par le Dr Peter Levine, est une autre approche qui fait ses preuves. Elle part du principe que le trauma est stocké dans le corps, pas seulement dans les souvenirs. Le travail se fait donc sur les sensations corporelles, progressivement, sans jamais déborder la capacité de la personne à contenir.
C’est une approche douce mais profondément efficace, recommandée notamment pour les traumas précoces et les troubles dissociatifs modérés. Des plateformes comme BetterHelp proposent d’ailleurs des thérapeutes formés à cette méthode, permettant de suivre une thérapie en ligne adaptée à ton rythme.
Les TCC et les thérapies intégratives
Les Thérapies Cognitivo-Comportementales (TCC) de 3ème vague — notamment la thérapie ACT (Acceptance and Commitment Therapy) — ont aussi montré leur efficacité dans le traitement du TSPT, avec un niveau de preuve solide reconnu par la Haute Autorité de Santé (HAS) en France.
Enfin, des approches intégratives combinant TCC, mindfulness et travail somatique existent et s’adaptent à chaque profil. Pas de solution unique, mais plein de chemins vers le mieux-être !
EMDR et thérapie IFS : peut-on combiner les deux ?
Oui, et c’est même parfois ce que font les praticiens les plus expérimentés ! L’IFS peut servir de phase de préparation et de stabilisation avant d’entamer un travail EMDR. Ça permet de créer une base sécurisante suffisante pour que le retraitement des mémoires traumatiques se passe dans de bonnes conditions.
Cette approche combinée est particulièrement pertinente pour les personnes qui ont un profil de trauma complexe mais qui souhaitent quand même bénéficier de l’efficacité de l’EMDR à terme. Avec le bon thérapeute et le bon timing, ça peut vraiment faire la différence ! Comprendre les dynamiques relationnelles — notamment avec un concept comme le triangle de Karpman — peut aussi aider à identifier si une relation thérapeutique est saine et équilibrée.
Ce que tu dois savoir avant de te lancer dans une thérapie EMDR
Voilà le récap’ honnête que j’aurais aimé lire avant de me lancer dans n’importe quelle thérapie :
L’EMDR, c’est efficace pour beaucoup de personnes — les études le montrent clairement. Une méta-analyse portant sur plus de 24 études randomisées contrôlées a confirmé son efficacité sur le TSPT. Mais ce n’est pas une méthode universelle, et les effets secondaires sont réels.
Si tu envisages l’EMDR, pose-toi ces questions : as-tu un trauma simple et isolé, ou un historique de traumas répétés ? Ton état émotionnel actuel est-il suffisamment stable ? Ton thérapeute est-il formé et accrédité sérieusement ? A-t-il prévu une phase de stabilisation avant de commencer ?
Si tu as le moindre doute, parles-en franchement avec un psychiatre ou un psychologue clinicien avant de démarrer. Une bonne thérapie, ça commence toujours par une évaluation sérieuse de ta situation. Et ça, personne ne devrait te le cacher !

Questions fréquentes sur l’EMDR et ses alternatives
L’EMDR est-elle remboursée par la Sécurité sociale ou les mutuelles ?
L’EMDR n’est pas remboursée par la Sécurité sociale en France, sauf si pratiquée par un psychiatre (dans la limite de 40 € par séance). Certaines mutuelles prennent en charge 5 à 10 séances/an, avec un plafond de 50 à 80 €/séance. Vérifiez votre contrat ou optez pour des centres agréés proposant des tarifs solidaires (30 à 60 €).
Combien de temps dure en moyenne une thérapie EMDR ?
Une thérapie EMDR complète dure généralement entre 8 et 12 séances, à raison d’une séance hebdomadaire. Les traumatismes simples peuvent être résolus en 3 à 5 séances, tandis que les traumas complexes nécessitent souvent 20 séances ou plus, avec une phase de stabilisation préalable. La durée varie selon la réactivité du patient.
Peut-on pratiquer l’EMDR à distance (en visioconférence) ?
Oui, l’EMDR en ligne est possible via des plateformes sécurisées comme Zoom ou Doctolib. L’EMDRIA et EMDR Europe reconnaissent cette pratique, à condition que le thérapeute soit certifié et utilise des protocoles adaptés. Les stimulations bilatérales peuvent être remplacées par des tapotements ou des sons alternés.
Quels sont les critères pour choisir un bon livre sur l’EMDR ?
Privilégiez les ouvrages écrits par des experts reconnus comme Francine Shapiro (« Eye Movement Desensitization and Reprocessing ») ou David Servan-Schreiber (« Guérir »). Vérifiez les références scientifiques, les éditions récentes (moins de 5 ans) et les avis de professionnels. Évitez les livres promettant des résultats miracles sans preuves.
Existe-t-il des groupes de parole ou forums dédiés aux expériences EMDR ?
Oui, des groupes de soutien existent, comme ceux organisés par EMDR France ou l’Association Francophone du Trauma. Les forums Doctissimo et Psychologies.com abritent des discussions, mais méfiez-vous des témoignages non vérifiés. Préférez les espaces modérés par des thérapeutes certifiés pour des échanges sécurisés.


